FACE A LA JUSTICE MALIENNE : Les terroristes Ibrahim 10 et Sadou Chaka sans regret !

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Au moment où une nouvelle publication du journal français Charlie-Hebdo caricaturant le Prophète Mohamet (PSL) provoque une guerre diplomatique entre les autorités françaises et le monde musulman, la Cour d’Assises anti-terroriste de Bamako  rendait le verdict, le mercredi 28 octobre 2020,  sur le procès des attentats djihadistes contre le complexe hôtelier Radisson Blu et le restaurant La Terrasse.  

A la délibération, les deux djihadistes, le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed et Sadou Chaka, ont été jugés coupables et condamnés à  « la peine de mort », puis au paiement de 10 millions FCFA d’amende chacun.

Le procès de ces deux dangereux djihadistes jugés  pour leur implication  dans les attentats contre  l’hôtel Radisson Blu en 2015,  le restaurant La Terrasse la même année et  contre l’hôtel Byblos de Sévaré  n’aurait finalement duré que deux jours.  

Les deux  comparus à la Cour d’assises anti-terroriste de Bamako défendus par les avocats commis d’office n’ont pas bénéficié de circonstances atténuantes. « La Cour vous a reconnu coupables des faits qui vous sont reprochés et ne vous a pas accordé de circonstance atténuante », a déclaré le président de la Cour, Souleymane Maïga. 

Visiblement, il s’agissait pour la cour de frapper pour dissuader tous les potentiels candidats au terrorisme. Et c’est ce qui a été fait. « Ça permet déjà aux victimes de savoir qu’il y a un État derrière et qui est prêt à sévir chaque fois que la loi pénale est violée, et chaque fois que leurs droits, les droits de l’Homme, sont vraiment violés», se rejouit Me Mamari Diarra, un autre avocat des parties civiles. 


Les appelés à la barre assument les faits sans remord ! 

A la barre pendant deux jours, les deux terroristes ont facilité la tâche aux juges. Sans tourner en rond, ils se sont tous les deux reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés. Et cela sans aucune manifestation de repenti.  

Un troisième complice, Abdoulki Abdrahmane Maïga, absent lors de ce procès, a été condamné également  par contumace à la peine capitale. 

Durant les neuf heures d’audience de ce deuxième jour de procès, Fawaz Ould Ahmed alias « Ibrahim 10 », n’a montré aucun remord. À la barre, il a détaillé la planification de l’attentat du Radisson Blu. Pour celui du restaurant la Terrasse, où il tua cinq personnes, Fawaz Ould Ahmed a déclaré l’avoir commis pour venger le prophète suite à la publication des caricatures par Charlie Hebdo avant de demander pardon aux familles des victimes musulmanes. « Qui sommes-nous pour nous croire investit de la défense de Dieu et du prophète ? », lui a demandé un avocat des parties civiles dans sa plaidoirie.

Les enquêteurs estiment également  qu’il a participé à la planification et l’exécution  de l’attaque contre l’hôtel de luxe Radisson Blu, le 20 novembre 2015.  Il faut noter que  lors  de cet attentat deux hommes  à bord d’un véhicule  avaient forcé la grande porte de cet établissement hôtelier en tirant  à bout portant sur  tout ce qui bouge  tuant   dans la foulée 20 personnes, parmi eux, 14 étrangers. 

Les condamnés sont  reconnus aussi d’être membres  du commando qui avait attaqué en août 2015 l’hôte Byblos de Sévaré à Mopti faisant 13 morts.

Me Amadou Dioroba Diallo, avocat de la défense, a demandé plus de clémence : « Notre demande en pourvoi en cassation, ce sera tout juste de demander l’application de la loi uniforme. Cette loi prévoit la perpétuité, et non la peine de mort. »

En effet, depuis 1980, il existe justement un moratoire sur la question de la peine capitale. Celle-ci n’est plus appliquée au Mali. 

Youssouf Z 


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