Excision : 4 associations engagent une bataille judiciaire pour l’obtention de sa criminalisation au Mali


Depuis quelques jours, l’État malien fait l’objet d’une plainte devant la Cour de justice de la Cédéao à Abuja (au Nigeria). Quatre associations de défense des droits des femmes sont à l’origine de cette plainte. Elles veulent contraindre l’Etat à criminaliser l’excision au Mali.

Parmi les associations plaignantes, figure l’Association malienne pour le Développement des Droits de la Femme, présidée par Bintou Diawara. « Le Mali a ratifié toutes les conventions relatives aux droits de la femme et aux droits de l’enfant et s’est engagé à harmoniser ces textes par rapport à nos lois nationales. Mais cela n’a pas été fait. Il est temps pourtant car tous les pays limitrophes de la sous-région ont des lois sauf le Mali. Dans les pays qui ont ces lois, on envoie les enfants au Mali pour les faire exciser», regrette Bintou Diawara.

Selon elle, les blocages à l’adoption d’une loi au Mali sont d’ordre religieux et coutumier. « C’est le poids de la religion et de la tradition, une pratique coutumière qui n’existe pas dans le Coran. Mais certains religieux disent que c’est une sunna [un hadith, NDLR] du prophète, d’autres disent que c’est facultatif. En tout cas, il n’y a pas de points d’entente entre eux-mêmes. Il y a ce blocage-là concernant l’adoption de la loi», souligne-t-elle.

Avec cette plainte, les associations de défense des droits des femmes espèrent contraindre l’État malien à criminaliser, comme il s’y est déjà engagé, les mutilations génitales féminines.

Selon les chiffres des Nations unies, plus de 80% des femmes maliennes subissent l’excision.

La Rédaction

 

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